Mamadou Aliou DIALLO, 1er de la République-Sciences Mathématiques 2017 : « J’ai accepté de travailler durement car, un bon travail donne un beau résultat.»

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Mamadou Aliou DIALLO, 1er de la République en Sciences Mathématiques

Désormais ancien élève du groupe scolaire Saint Georges de Taouyah, Mamadou Aliou DIALLO, âgé de 19 ans est le 1er  de la République. Habillé en pantalon jean,une chemise carrelée, il se reconnaît par sa minceur, son teint brun et un visage illuminé par son sourire généreux. Toujours classé parmi les meilleurs depuis les basses classes, ce jeune a continué ses études  avec une seule idée « être parmi  les lauréats de la République.»

Aujourd’hui,  son travail pénible l’a récompensé. Depuis la proclamation officielle des résultats du bac le 16 juillet dernier,le jeune orphelin de père dès la 12è année, occupe la première place en Sciences Mathématiques sur les 5 618 qui ont eu la moyenne.

Ce lundi, 31 juillet 2017, après un accueil chaleureux  à la véranda de leur maison, il  approche deux petites chaines sur lesquelles nous restons un instant.Le jeune nous présente sagement sa mère très accueillante, elle aussi.Au salon où nous allons pour l’interroger, se trouvent un tiroir rempli d’ustensiles de cuisine, un poste téléviseur placé dans une armoire,  qui permet à Mamadou Aliou DIALLO,d’être informé sur la Guinée et le monde et qu’il a éteint dès notre arrivée.Des fauteuils  placés par ici par-là, une petite table au beau milieu, un ventilateur placé d’un autre côté du salon, ce sont les  autres composantes  de ce salon. Assis dans un fauteuil, le lauréat, les mains placées l’une sur l’’autre, parle de son cycle primaire et une partie du secondaire qu’il a commencé en Côte d’Ivoire où  il est né : «J’ai fait mes études primaires de la 1re jusqu’en  3è année en Côte d’Ivoire. De passage en 4e année, nous sommes rentrés  en Guinée où j’ai  fait la 4è et la 5è année à Natibaly, mon village natal. On est reparti en Côte d’Ivoire dans l’intention de poursuivre mes études», dit-il.

Après la crise de 2011 en Côte d’Ivoire, il regagne son pays avec son père en mi- année scolaire. N’ayant pas le choix, Mamadou s’installe dans son village  dans la sous-préfecture de Garandé( Labé),pour attendre l’année 2012 afin de poursuivre ses études. Avec un niveau de base appréciable, il sollicite de  continuer directement la 8è année qu’il termine avec succès,  malgré le temps perdu.

Un succès promis

Dès son passage en 9è année, son père et son frère qui l’ont soutenu,  ont décidé  qu’’il vienne étudier Conakry. « Après avoir été admis et classé 2è de ma classe, mon papa et mon frère ont voulu que je vienne poursuivre mes études à Conakry. Une fois-là, je me suis inscrit au groupe scolaire Saint Georges de Taouyah où j’ai commencé de la 9è jusqu’en terminale. Jusqu’à ce que j’ai obtenu le BEPC avec un bon résultat, j’ai  toujours  été 2è comme je l’ai tant promis à mon papa », confie DIALLO tout doucement dans un français clair et simple.

Un objectif longtemps visé, mais aujourd’hui atteint

A la différence de certains candidats, l’objectif de ce jeune lauréat a toujours été celui d’avoir non seulement le baccalauréat, mais aussi et surtout d’être boursier de l’Etat. Pour l’atteinte de cet objectif, il dévoile le  secret qui l’a permis de se hisser au haut rang. «Le secret qui m’a  permis d’atteindre cet objectif n’est pas aussi compliqué que ça. D’abord, je me suis fixé des objectifs depuis à bas âge. En plus,  j’ai accepté de travailler durement car, un bon travail  donne un beau résultat. Mais tout cela, grâce à mon papa dont je regrette toujours la mort. Aussi,ai-je très tôt commencé les révisions  avec amis depuis la 12è, où d’ailleurs le vrai bac se prépare. A travers la répétition de nos exercices à la maison, on s’est retrouvé avec 4 lauréats parmi les 7 éléments  qui composaient notre groupe de révision et les 3 autres sont tous admis et bien classés

En termes de difficultés rencontrées, DIALLO ne manque pas de souligner quelques aspects surtout le côté financier quand il a perdu son père qui faisait presque tout pour lui. « J’avoue que la mort de mon papa a un peu bouleversé mon cycle secondaire du lycée. Je m’étais trop coller à lui et cela depuis  l’enfance. C’est un papa qui me poussait  toujours à percer de plus. Sinon, je n’ai pas tellement eu d’autres désagréments pouvant m’interrompre d’étudier. Sauf que le trajet de Lambanyi Taouyah me fatiguait car, je ne finissais souvent pas mon sommeil.»

Mamadou Aliou DIALLO compte faire Génie-civil à l’université avant de continuer ses études post-universitaires. D’une fine voix, ce lauréat termine sa conversation en remerciant toutes les  personnes qui ont contribué à sa réussite.

Sâa Robert KOUNDOUNO

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